Participation à un tournoi sans préparation suffisante

Des études montrent qu’il y a beaucoup plus de risques de se blesser durant les tournois que durant les entraînements. Ceci peut s’expliquer par le fait que, à la différence des entraînements, la compétition n’offre pas la possibilité de gérer son temps de jeu ni son temps de repos, ce qui peut mener à une surcharge physique pour celui qui n’est pas suffisamment bien préparé. En effet, durant un tournoi, il faut être capable de jouer plusieurs jours de suite, et parfois jusqu’à deux matchs dans la même journée au niveau amateur (ce qui, soit dit en passant, est assez paradoxal puisque les amateurs sont par définition moins bien préparés que les professionnels). Il faut également être capable de tenir un match de 3 heures voire plus, et disposer de capacités de récupération suffisamment importantes pour pouvoir jouer le match suivant sans être trop affecté physiquement. Le tout dans un contexte plus stressant que durant les entraînements, en raison des attentes plus grandes qu’un joueur peut avoir en match officiel, ce qui accentue les tensions musculaires et la fatigue.

Pour illustrer ces propos, prenons l’exemple de l’Open d’Australie 2021, où les blessures ont été particulièrement nombreuses chez les joueurs, possiblement à cause d’une préparation insuffisante. En effet, en raison du Covid-19, un confinement de 14 jours avait été imposé à tous les joueurs lors de leur arrivée sur le territoire, ainsi que des restrictions de temps d’accès aux courts (voire pas d’accès du tout pour les joueurs « cas contacts » de personnes infectées). Ce contexte n’a pas rendu les conditions d’entraînement idéales et a pu provoquer un déconditionnement physique à l’origine de cette vague de blessures.

Une autre raison expliquant l’apparition d’une blessure durant une compétition (en particulier les blessures concernant le haut du corps) est liée au manque de préparation au niveau du service. En effet, si lors de vos entraînements, vous n’avez pas l’habitude de servir souvent (points sans service, gammes, etc.), le nombre de services nécessaires lors d’un match de tournoi pourra alors représenter une contrainte physique bien trop importante pour vous. Car il faut savoir que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le service est le coup qu’on effectue le plus lors d’un match. Il représente en moyenne 30 % des frappes, suivi par le coup droit (25 %), le revers (22 %), la volée (3 %) et le smash (0,7 %).

En moyenne, le nombre de services par set est de 40, soit 120 services pour un match en trois sets. On peut même monter jusqu’à 150 en prenant le cas d’un match serré où beaucoup de premières balles ne passent pas. Ainsi, si vous ne travaillez pas le service régulièrement et en quantité suffisante, le fait de réaliser jusqu’à 150 services sur un seul match représente une surcharge bien trop importante pour les muscles et les articulations du haut du corps, en particulier pour l’épaule, le dos et les abdominaux. De plus, si vous passez plusieurs tours dans le tournoi, ce nombre pourra facilement doubler voire tripler. Vous pourriez ainsi être amené à frapper plusieurs centaines de services sur à peine quelques jours, ce qui représente un facteur de risque de blessure très important si vous n’êtes pas suffisamment préparé.

Conseils

Afin d’encaisser le mieux possible la charge physique que peut imposer un tournoi, il est nécessaire de vous préparer plusieurs semaines voire plusieurs mois à l’avance en fonction du niveau d’où vous partez. Pour cela, soyez très régulier dans vos entraînements afin de ne pas perdre vos acquis (évitez de faire des pauses de plus de dix jours). Il est aussi nécessaire d’augmenter la charge d’entraînement au fil du temps pour que votre corps se renforce de plus en plus, mais toujours de façon très progressive afin d’éviter toute surcharge physique. Parvenir à un volume de jeu de 4 à 5 heures d’entraînement par semaine semble être le minimum pour espérer être suffisamment prêt à jouer 2 ou 3 matchs sur un tournoi.

Ne négligez pas le travail du service lors de vos entraînements, ce coup étant le plus effectué pendant un match. Si vous faites surtout des entraînements à base de gammes et de points sans service, vous pouvez alors prévoir de faire des paniers de service en complément avant ou après votre séance. Commencez par une trentaine de services, pas plus, puis augmentez progressivement le nombre de frappes à chaque nouvelle séance, en récupérant suffisamment entre chacune d’entre elles. Évitez de dépasser 120 services sur une seule séance. Mieux vaut en faire souvent et modérément plutôt que beaucoup d’un seul coup. Si vous êtes régulier, vous habituerez vos muscles et vos articulations à ce geste, et vous serez capable d’encaisser plusieurs centaines de services sur un tournoi.

Si le fait d’enchaîner deux ou trois matchs entraîne chez vous fatigue, courbatures ou douleurs, laissez-vous suffisamment de temps de récupération entre chaque tournoi (au moins 4 ou 5 jours). Évitez de vous inscrire à deux tournois dont les dates sont trop proches en vous disant que cela vous donnera plus de chances de gagner des matchs. Privilégiez toujours la qualité plutôt que la quantité.