Réalisation d’un exercice inhabituel
Le fait de réaliser un exercice inhabituel peut potentiellement représenter un risque de blessure, le corps n’étant pas suffisamment préparé aux sollicitations physiques que nécessite cet effort.
Prenons un exemple concret : une joueuse souhaite faire progresser sa volée et décide de planifier une séance dédiée uniquement à l’exécution de ce coup. Durant cette séance, elle va réaliser environ 300 volées, contrairement à un maximum de 30 lors d’un entraînement ordinaire. Bien que l’exécution d’une volée ne soit pas un geste nouveau pour elle, elle n’est pas pour autant habituée à en réaliser autant d’un seul coup. Son poignet, son coude ou son épaule risquent donc d’en souffrir.
Autre exemple : un joueur souhaite travailler sa vitesse de déplacement vers l’avant. Pour cela, il va réaliser une série de 20 sprints de 15 mètres. Cela peut ne pas sembler excessif, et pourtant ce nombre de sprints est bien plus important que celui réalisé lors de la plupart des matchs de tennis, et sur un laps de temps bien plus court. Cette intensité inhabituelle augmente alors grandement le risque de blessure au niveau des membres inférieurs.
Travailler un coup ou une séquence de jeu de façon isolée est intéressant pour progresser, mais il faut être très vigilant quant au nombre et à la fréquence des frappes et des déplacements réalisés, qui peuvent vite devenir excessifs.
Conseils
Tout nouveau type d’exercice doit être pratiqué avec parcimonie s’il induit un nombre de frappes ou un nombre de déplacements bien supérieur à ce que vous faites d’ordinaire.
Concernant le travail d’un coup spécifique :
Il est essentiel de veiller à ce que le nombre de fois où vous allez réaliser ce coup durant la séance ne soit pas nettement plus important que lors de vos séances habituelles. Pour cela, ayez notamment à l’esprit que le nombre de frappes réalisées dans un travail de gammes (coups répétés dans la diagonale, par exemple) est beaucoup plus important que dans un match pour une même durée de jeu.
En effet, pour 1 heure de match, le temps de jeu effectif (c’est-à-dire le temps de jeu sans compter les temps morts) est compris entre 10 et 15 minutes seulement*. Donc, si jamais vous avez l’habitude de jouer uniquement des matchs lors de vos entraînements et qu’il vous prend l’envie de faire une séance de gammes, faites une séance beaucoup plus courte que d’ordinaire pour éviter toute sursollicitation physique.
Pour vous donner une idée de la différence du volume de frappes entre le match et les gammes, sachez que lors d’un match de 2 heures, on exécute en moyenne 200 frappes de fond de court, alors qu’il faut seulement 10 minutes de gamme (sans interruption) pour en exécuter tout autant*. Oubliez donc l’idée de faire une séance de 1 heure de gammes si vous n’en avez pas l’habitude. Cinq minutes suffiront amplement pour commencer !
Concernant le travail d’une situation de jeu particulière :
Il faut veiller à ce que le volume et l’intensité des déplacements ne soient pas trop importants par rapport à ce que vous faites habituellement. Sachez que sur un match, un joueur passe environ 79 % du temps à marcher, 17 % à une allure de course modérée, 3 % à des allures de course plus intenses et 0,3 % à des allures de sprint. Il faut ainsi être particulièrement prudent concernant les exercices basés sur des déplacements rapides.
À savoir aussi : la grande majorité des points disputés lors d’un match durent moins de 10 secondes, et la durée moyenne de récupération entre chaque point est comprise entre 10 et 20 secondes. Trop s’écarter de ces valeurs lors d’un exercice peut alors rapidement représenter une surcharge par rapport à ce dont vous avez l’habitude en match.
Concernant l’ajout de nouvelles activités physiques :
Dans le cas où vous souhaiteriez réaliser d’autres activités physiques en complément du tennis (musculation, course à pied, etc.), soyez particulièrement vigilant à ne pas trop en faire au début. Chaque type d’effort demandant des adaptations particulières, il est nécessaire de laisser le temps à votre corps pour s’accoutumer à cette nouvelle activité. Commencez donc très doucement, sans trop de volume, et récupérez suffisamment entre chaque séance.
* Calcul établi à partir des données de Caroline Martin dans son livre « Tennis : optimisation de la performance » (chapitre 1).
